Le coaching : « Bullshit » ou vrai levier vers la réussite ?

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Nous sommes toutes et tous emprisonnés dans les histoires que nous nous racontons, et cela nous empêche d’avancer. Ces histoires sont nées de nos filtres, de nos croyances, de nos expériences de vie qui nous ont rapporté des résultats gratifiant ou déstabilisant. Charles Pépin, philosophe, écrit : « nous avons besoin des autres pour que se fissure notre carapace identitaire, notre muraille de certitudes et d’opinions, notre armure de préjugés, et que passe enfin, par la grâce de cette fissure, un peu de lumière… »  C’est cet entrelacs de certitudes et d’illusions que le coaching contribue à clarifier. Il s’agit moins d’un processus « psychologisant » ou thérapeutique, qu’une forme puissante d’apprentissage. On apprend de nouvelles manières de percevoir une situation et donc de nouvelles options pour y remédier. Déontologiquement, le coaching cherche donc à rendre son client « autonome » le plus rapidement possible.

Un récent rapport a révélé qu’en France, sur un échantillon de 30’000 personnes, un employé sur 3 s’est déjà fait coacher. On ne peut plus parler d’un effet de mode. Il s’est bien implanté en entreprise, en tant qu’outil incontournable pour accompagner le progrès et l’être-bien dans le monde du travail.

Le coaching à la mode

En même temps, le terme de coach est devenu très à la mode et utilisé pour parler d’activités très différentes (coachs de vie, coach sportifs, coach sentimental, coach pour acheter une maison…) et parfois antinomiques. Cette diversité nuit à la lisibilité et à la crédibilité de la profession de coach professionnel. Cela explique en partie pourquoi le coaching fait l’objet d’un certain bashing non fondé dans certains salons : la multiplication de l’usage du terme de « coach » tend à faire croire qu’on ne peut plus rien faire seul et qu’on aurait besoin constamment d’une béquille pour encore pouvoir avancer. Cette compréhension du vrai rôle du coach est erronée. Le coaching professionnel est un partenariat entre le coach et la personne coachée dans un processus limité dans le temps, qui suscite réflexion et créativité pour maximiser le potentiel personnel et/ou professionnel du coaché. 

L’environnement est globalement très favorable au développement du coaching professionnel en Suisse. Le chiffre d’affaires du marché du coaching croît à une vitesse supérieure à 10% par an.  La pression psychologique en milieu professionnel s’exacerbe dû à l’hyper connectivité et l’effacement de la frontière entre vie pro et privée. Les risques psycho-sociaux sont en croissance exponentielle. Si on rajoute à cela que les RH sont de plus en plus sollicités au service à la performance des organisations et que le manager 2.0 doit pouvoir se distinguer par une bonne intelligence émotionnelle et une posture de leader-coach, l’augmentation des besoins en coaching s’explique naturellement.  

La déontologie du métier

Evidemment, la croissance de ce marché crée un appel d’air pour des professionnels sans expérience et mal formés à vouloir exercer trop vite et offrant par conséquent des prestations de moindre qualité. Plusieurs fédérations internationales (ICF, EMCC…) veillent donc à la déontologie du métier et à l’acquisition d’un référentiel de compétences exigeant.  En Suisse, un Diplôme Fédéral de Superviseur-Coach constitue une reconnaissance par la Confédération du métier.

Les thèmes récurrents sur lesquels des coaches accompagnent des managers avec des résultats solides sont par exemple le besoin d’amélioration les relations interpersonnelles, faire évoluer une communication trop directe, l’affirmation de son leadership ou de son management, la prise de nouvelles fonctions… Pour des cadres, les thèmes courants sont l’amélioration de la réflexion stratégique, augmenter la performance sans pousser au burnout, assumer ses responsabilités tout en prenant soin de soi…

Les clients ayant recours au coaching professionnel reconnaissent aujourd’hui la valeur ajoutée indéniable de la profession. Initialement destiné aux cadres dirigeants, le coaching se démocratise à toutes les strates de l’entreprise. Il est efficace lorsque le « coaché » s’implique entièrement dans son processus et se sent entièrement responsable de l’atteinte de son objectif. Sans cela, les résultats peuvent être décevants.

Alors, sur base de ces considérations : le coaching, bullshit ou vrai levier vers la réussite dans le monde du travail… ?

Carole Warlop, Philippe Vaneberg